Les foyers de réinsertion, mis en place, représentent une réponse possible au problème des personnes sans domiciles fixes.
Ces structures proposent non seulement un lit (dortoirs), ou une chambre mais aussi
des repas, parce que la malnutrition et la sous nutrition est aussi à
prendre en compte dans le quotidien d’une personne en difficulté.
Un soutien psychologique est aussi apporté et il faut reconnaître aujourd’hui que l’encadrement psychologique mis en place est compétent. Par contre,
plusieurs problèmes sont à mettre en exergue aujourd’hui afin d’améliorer ces structures.
L’un des principaux problèmes est que
les foyers d’accueil ne répondent pas totalement aux conditions nécessaires à la réinsertion d’une personne qui vit
depuis plusieurs années dans la rue.
Tout d’abord, l’espace.
La rue et la ville sont des territoires extrêmement vastes qui donnent une sensation de liberté et d’espace à celui qui vit dehors. Retrouver une chambre, c’est rentrer dans un espace exige aux
antipodes de l’espace de la rue. 9 mètres carrés ne sont malheureusement pas suffisant pour une chambre dans un foyer.
9 mètres carrés procurent l’oppression,
l’écrasement, le vertige et conduisent trop souvent au départ de résidents. Aujourd’hui trop de sdf décident de ne pas rentrer en foyer simplement parce qu’ils n’offrent pas réellement ce
dont il ont besoin.
Un lit n’est pas suffisant, d’autant plus quand cela fait des années que l’on dort sur le sol et que l’on sait que cette situation est temporaire.
Il faut impérativement prendre en compte que l’espace proposé doit répondre aux besoins de celui qui sort de la rue. L’espace du foyer ne doit pas être réduit à une
simple « cellule », en enfilade avec les autres « cellules ». La notion d’intimité, mais aussi de d’espace commun doit être pris en compte afin de pouvoir rester seul mais aussi se
rencontrer.
Le rapport à la lumière est une notion très importante.
Les chambres et les espaces communs doivent bénéficier d’une lumière naturelle abondante.
L’ombre participe au sentiment d’oppression et renforce l’effet «cellule
».
Il faut donc imaginer des espaces ouverts qui offrent une qualité lumineuse aux résidents.
Le point de vue est aussi important.
Il faut impérativement un point de vue vers l’extérieur afin de garder le lien entre le résident est la rue.
Le cadre de la fenêtre c’est un lien que l’on conserve
avec l’espace public et aussi le lien que l’on crée avec la ville et l’espace social. Nous ne pouvons proposer ces chambres sous combles, avec des fenêtres au ras du sol, sans point de vue
direct avec l’extérieur telles qu’elles existent comme au foyer xxx.
Ces espaces ne sont pas adapté à la situation d’hébergement de sans domicile fixe et ne participent pas à leur réinsertion sociale.
Elles sont une solution temporaires, non adaptées, dans des conditions telles que personnes jugerait acceptable d’y résider.
Alors pourquoi les mettre en place de
cette manière pour les sdf.
Il faut donc repenser l’organisation des structures de foyers, mais aussi leur système de fonctionnement. Les structures mises en place répondent de manière très succincte à une urgence de
logement de personnes en forte précarité, mais
ne proposent pas une structure stable, adaptée et pérenne dans le temps.
Obtenir
une place dans un foyer, c’est avoir un abris durant la période de deux ans, à l’issue de laquelle il faudra partir.
Mis à part un encadrement psychologique,
aucun accompagnement à la réinsertion sociale n’est organisé. Les résidents doivent se débrouiller
seul.
Vivre dans la rue change radicalement un homme.
Il faut réapprendre à dormir dans un lit, tout en sachant que cette condition est temporaire, et
réapprendre à dormir
sereinement, quand on est habitué à veiller par sécurité ou survie. Il faut
réapprendre les contraintes du temps, qui, à l’extérieur n’existent plus.
Il faut réapprendre à manger, quand l’estomac reste contracté par habitude de sous-nutrition. Il faut
réapprendre
l’hygiène, prendre soin de soi, et les multiples tâches quotidiennes qui sont oubliées depuis longtemps.
C’est une remise en question importante et dont dépend toute possibilité de réinsertion dans le tissu social. La recherche d’un emploi dépend de l’ensemble de ces points, et
malheureusement, à la difficulté de retrouver un travail, se rajoute le problème de la structure et l’adresse d’hébergement, clairement stipulé.
Il existe bien
évidement une discrimination à l’embauche pour des personnes résident dans des foyers d’accueil XXX qu’il faut combattre.
En pleine remise en question personnelle, seul dans sa recherche de travail, victime de discrimination à l’embauche, bien trop souvent un résident comme un sdf est confronté à l’échec.
Cette situation quotidienne n’offre pas d’espoir à celui qui veut s’en sortir. Il manque aujourd’hui un accompagnement vers la réinsertion sociale, dans le
réapprentissage des codes, recherche d’un travail.
La solution n’est pas compliquée.
Afin de répondre au mieux aux attentes des sdf pour se réinsérer, il faut simplement leur demander.
Aujourd’hui il manque une consultation auprès des personnes qui
vivent dans une situation de précarité importante telle que la rue pour comprendre leurs attentes. Ils doivent être acteurs de la réflexion et faire partie du projet
afin que la structure d’accueil et d’accompagnement créée soit un véritable outil à leur réinsertion.