
L’une des conséquences de la destruction de ces ensembles est surtout le rapport entre le nombre de logements détruits sur le site et le nombre de logements
reconstruits sur ce même site. Justifier ce quota en expliquant que chacun est relogé, en partie sur le même site, ou dans d’autres programmes dans la ville n’est pas
acceptable. La réflexion engagée ne doit pas se faire sur une vision globale de la ville mais plutôt sur celle d’un quartier, car
il faut aussi prendre en
compte le déracinement des familles qui sont relogées, bien plus important quand cela se fait dans un autre quartier.
On constate l’augmentation de la précarité dans la situation de crise financière actuelle. Les couches sociales les plus touchées sont bien entendu celles les moins aisées.
L’espace devrait être plus optimisé afin de trouver une solution globale à l’échelle d’un quartier et à l’échelle de la ville. Il est certes impossible de reloger tout le
monde dans un même quartier mais une solution intermédiaire devrait être engagée afin de mieux répondre au besoin actuel.
A Bordeaux, les ensembles du quartier de la gare, cours de la Marne en sont un bon exemple. Xxx logements détruits, xxx logements reconstruit sur le site. La
problématique des usages est tout à fait compréhensible, proposer des espaces extérieurs aux résidents, des jardins, dont certains sont paradoxalement non paysagés et surtout non accessibles. Il
se pose tout de même la question de trouver un entre deux concernant le rapport entre les logements détruits et les logements construit.
Les décisions prises par les
ZAC, la mairie, les promoteurs et les architectes, et le plan masse, la surface des ilots, le nombre d’étage, le nombre d’appartements, répondent ils réellement à la précarité ?
Un autre problème se pose lors de la création de nouveaux quartiers, ils devraient bien évidement donner la priorité au logement social, tout en gardant une mixité
sociale. Ne pas créer de mixité c’est encore créer l’exclusion, soit repousser le problème que l’on rencontre aujourd’hui dans les grands
ensembles.
L’une des solutions serait peut être d’intégrer la dimension sociale dans l’ensemble des opérations afin que systématiquement, chaque projet d’ensemble de logement,
et chaque bâtiment de logement, intègre des logements sociaux. L’intégration des logements sociaux permettrait peut être de gommer les distinctions que promotteurs, mairies, urbanistes, et
architectes entretiennent.
Aujourd’hui, trop souvent les logements sociaux sont créés en périphérie des villes, peu
desservis par les transports, loin des équipements. Il faut penser le logement social comme une insertion sociale dans la ville, y compris l’hyper-centre, afin de créer cette mixité à l’échelle
de la ville.
Il faudrait aussi arrêter de stigmatiser le logement social en une architecture pauvre. N’a-t-on pas le droit de rêver d’une tour de logements
sociaux de 15 étages, ou plus, dans le centre ville de bordeaux, comme point de repère dans la ville ?
Une tour qui affirmerait un engagement en matière
d’architecture contemporaine mais aussi en matière de politique sociale ? Une tour « sociale» portée par l’ambition d’un architecte de renommée internationale ?
Aujourd’hui, l’architecture sociale souffre trop de stéréotype architecturaux, et bien trop souvent, les projets sont régis par les logiques d’économies de projet, de temps et essentiellement de
budget.
Le rôle de la mairie et des institutions aujourd’hui est de bloquer le « copier/coller » et exiger une qualité architecturale avangardiste, y compris pour
les projets de logements sociaux.
Enfin, une réflexion devrait être engagée avec les bailleurs sociaux afin de remettre en question les proportions trop faible de grands logements tels que les
typologies T4 et T5. Il est bien sûr évident qu’un logement avec plus de pièce entraine une surface plus importante, et que la logique du marché entraine un coût de construction plus cher et donc
un achat ou une location à un prix plus élevé.
Pourtant les familles nombreuses en difficulté sont nombreuses et il est regrettable d’arriver des constater
qu’aujourd’hui il vaut mieux être une personne seule ou en couple, sans enfants pour accéder aux logements sociaux.
La question du logement social est un dossier qu’il faudrait réellement refonder afin de répondre autrement et mieux aux besoins aujourd’hui. Elle passe par :
-
Une remise en question des 14% de logements sociaux existant à Bordeaux au lieu des 20% demandés, soit une politique qui se doit
d’être offensive en matière de création de logements sociaux ;
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La prise en compte des précarités extrêmes, soit des couches sociales non prises en comptes aujourd’hui
-
L’engagement commun pour une architecture sociale contemporaine affirmée ;
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La remise en question des propositions de logements et leur typologie afin de répondre aux attentes des familles nombreuses ;
-
L’entretien des parcs immobiliers afin de ne pas reproduire des erreurs d’hier dont nous payons els conséquences aujourd’hui ;
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L’insertion sociale au sein de la ville et non la création de «
ghettos sociaux » trop souvent créés en périphérie de la ville.
Afin de comprendre l’urgence de la prise en compte des personnes en situation de précarité extrême,
nous allons étudier aujourd’hui une solution mis en place pour y
répondre : les foyers de réinsertion et d’hébergement.